Rencontre Confédération paysanne-Préfète de l’Ardèche: La colère des paysan(ne)s contre des politiques injustes

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Après plusieurs courriers et interpellations ces derniers mois, la Confédération paysanne a enfin été reçue ce mardi 10 Décembre par Mme Souliman, Préfète de l’Ardèche, et ses services.

Nous y avons exprimé la grande colère des paysan(ne)s vis à vis d’un gouvernement qui les emmène droit dans le mur de l’agro-industrie avec la bénédiction du syndicat Fnsea-Ja et porté nos revendications pour une agriculture véritablement paysanne.

Sur le sujet brûlant des retraites, nous avons dénoncé la posture du gouvernement (bien secondée par la Fnsea pourtant largement responsable de la situation dégradée des retraites agricoles) qui se réjouit d’une réforme soi-disant positive pour le milieu agricole…tout en omettant volontairement que rien n’est prévu ni pour les paysan(ne)s déjà à la retraite, ni pour les conjoint(e)s collaborateurs (souvent des femmes) ou les aides familiaux ! Et alors que cette promesse d’une retraite minimum de 1000€ date de 2003 quand M.Delevoye était …Ministre de la Réforme de l’État et que M.Dussopt, ex député ardéchois représentant le gouvernement, l’a lui même stoppée au Sénat en février 2018 lors du vote d’une proposition de loi !

Nous demandons une revalorisation immédiate de toutes les plus petites pensions des paysan(ne)s déjà retraités, ainsi qu’une retraite minimum (hors complémentaire) de 1025€/mois pour tous les travailleurs et travailleuses de la terre et le maintien d’un système par répartition en solidarité avec les salarié(e)s les plus fragiles !

Nous avons également exprimé notre grande colère contre l’extrême violence de ce gouvernement vis à vis de l’agriculture paysanne et les paysan(ne)s en général.

Nous dénonçons notamment :

  • les mensonges du Ministre de l’agriculture au moment des épisodes de grêle du mois de juin, assurant que personne ne serait laissé au bord de la route. Au final, l’État n’a dégagé AUCUNE aide exceptionnelle en faveur des paysan(ne)s sinistrés et continue de promouvoir un système d’assurances privées quand, au contraire, nous revendiquons un système mutualiste public qui aide TOUS les paysans !

  • la communication de la Préfecture de l’Ardèche CONTRE les produits au lait cru, largement inspirées par le système agro-industriel produisant plus facilement du fromage pasteurisé ! Cette communication a eu un impact important et très négatif sur les produits fermiers, le Picodon ardéchois par exemple. Nous demandons que cette communication cesse et que, au contraire, la Préfecture fasse la promotion de ces produits et permette de nouveau l’achat de produits au lait cru par la restauration collective.

  • un système d’aides PAC qui ne permet pas la transition agricole nécessaire en continuant à subventionner sans plafonnement un système agricole qui ne répond plus aux attentes de la société . Nous demandons une nouvelle PAC qui permette de garantir cette transition, en reconnaissant par exemple l’importance des surfaces pastorales, si importantes en Ardèche.

  • l’imposition de mesures de Biosécurité imposée aux élevages de porcs plein air contre la peste porcine SANS aucune aide économique ni aucune obligation pour les chasseurs alors que la maladie se propage majoritairement via la faune sauvage (sangliers). Nous demandons que les éleveurs et éleveuses soient accompagnés financièrement par l’État pour la mise en place de mesures de biosécurité dans l’intérêt général.

  • la signature de l’accord CETA par ce même gouvernement sans aucun regret pour les dégâts considérables portés notamment aux éleveurs et éleveuses bovins français et canadiens ! Nous demandons le retrait de cet accord ainsi que de tout accord bilatéral qui sacrifie de nombreux paysan(ne)s sur l’autel de la soi-disant vocation exportatrice !

La Confédération paysanne de l’Ardèche est active sur tous ces dossiers et bien d’autre pour défendre les paysan(ne)s face à des politiques destructrices cogérée par la Fnsea-Ja et son projet agro-industriel.

Sur le terrain aux côtés des paysan(ne)s, nous continuerons à revendiquer et proposer un autre projet, un véritable avenir pour une agriculture qui produit de la qualité accessible au plus grand nombre, qui rémunère ses travailleurs et travailleuses et qui prend en compte la nécessaire transition agricole au service de notre planète