
L’agriculture ardéchoise est fortement touchée, comme partout en France, par des aléas climatiques qui impactent durement les productions, les paysan-nes et les animaux. Les conséquences du dérèglement climatique frappent de plein fouet les fermes et celles et ceux qui les font vivre. Elles ont des répercussions économiques, physiques et morales considérables. En Ardèche, les canicules, la sécheresse et les violents épisodes de grêle ont durement touché les productions végétales de différents territoires depuis le mois de mai.
Les productions végétales dans leur ensemble ont beaucoup souffert cette année avec des pertes de récoltes et de fonds, des dégâts sur le matériel végétal avec des conséquences sur plusieurs années, des tensions sur accès à l’eau et un système assurantiel privé souvent inaccessible.
Nous alertons également sur la situation des élevages qui sont déjà en train d’utiliser les stocks de fourrages prévus pour cet hiver et qui risquent de se retrouver en grande difficulté dans quelques mois, d’autant que la situation fourragère est tendue partout sur le territoire. Sans compter les pertes de production laitière due à la chaleur !
Nous faisons des demandes concrètes, légitimes et urgentes :
- Des mesures économiques d’urgence : le déblocage immédiat d’une aide forfaitaire et à l’actif versée le plus rapidement possibles aux fermes ayant subi au moins 30 % de pertes de récolte ou de chiffre d’affaires ainsi qu’une aide à l’achat de fourrage pour les élevages les plus impactés. Nous demandons également une réactivité totale de l’État mais aussi du département de l’Ardèche et de la Région AURA afin qu’une aide directe de ces collectivités complètent les dispositifs et puissent aller directement dans les fermes qui en ont le plus besoin
- Une prise en charge totale des cotisations MSA de l’année 2026 pour les fermes les plus en difficultés, notamment les fermes en productions végétales ayant subi les effets de la canicule , de la sécheresse et des épisodes de grêles
- Un moratoire sur les contrôles de la PAC, et notamment les contrôles satellitaires en maraîchage et les contrôles « mise à disposition » en élevage dans une année où toutes les ressources, notamment pastorales, doivent être mises à disposition pour les troupeaux !
- L’annulation de l’arrêté national augmentant l’indice des fermages de 3,43 % en cette année lors de laquelle les charges structurelles flambent déjà
- Le report immédiat de la mise en place de la facturation électronique pour les paysannes et les paysans, nouvelle réglementation imposant des charges et du temps de travail supplémentaires
Nous revendiquons aussi des décisions à plus long terme
- La réforme en urgence du système assurantiel privé en agriculture et son remplacement par la mise en place d’un fond professionnel mutualisé et solidaire, accessible à toutes les fermes. Les paysan-nes ne doivent pas être les seul-es à supporter les risques qui pèsent sur leur production : la grande distribution, la transformation et l’état doivent contribuer financièrement à un dispositif de mutualisation du risque de grande ampleur.
- La mise en place d’un plan d’ampleur face au dérèglement climatique pour l’avenir de l’agriculture qui permette de produire une alimentation relocalisée, de qualité, accessible à tou-tes sur des fermes rémunératrices et résilientes qui préservent les ressources et font vivre nos territoires : partage et préservation de la ressource en eau, équipement des fermes, financement de groupes techniques permettant de faire évoluer ou de diversifier les systèmes de production, …
L’évolution proposé par ce gouvernement au travers de la loi d’urgence agricole est inacceptable. Elle ne répond pas du enjeux face auxquels nous sommes confrontés.
Aucun responsable politique ne peut plus nier les réalités mises en évidence par le dérèglement climatique, il y a urgence à prendre des décisions pour l’avenir afin d’accompagner l’indispensable bifurcation agroécologique !








