Visite Canicule-Sécheresse: la Confédération paysanne de l’Ardèche exige des mesures fortes et urgentes pour les paysannes et les paysans

La Confédération paysanne de l’Ardèche présente lors de la visite de terrain « Canicule-Secheresse » jeudi 20 Août à St Lager Bressac et St Symphorien sous Chomérac a fait part de ses revendications à Mme Amelle Ghayou, Secrétaire générale de l’Ardèche, en présence d’Aurelien Mourier, président de la Chambre d’agriculture de l’Ardèche

L’agriculture ardéchoise est fortement touchée, comme partout en France, par des aléas climatiques qui impactent durement les productions, les paysan-nes et les animaux. Les conséquences du dérèglement climatique frappent de plein fouet les fermes et celles et ceux qui les font vivre. Elles ont des répercussions économiques, physiques et morales considérables. En Ardèche, les canicules, la sécheresse et les violents épisodes de grêle ont durement touché les productions végétales de différents territoires depuis le mois de mai.

Les productions végétales dans leur ensemble ont beaucoup souffert cette année avec des pertes de récoltes et de fonds, des dégâts sur le matériel végétal avec des conséquences sur plusieurs années, des tensions sur accès à l’eau et un système assurantiel privé souvent inaccessible.

Nous alertons également sur la situation des élevages qui sont déjà en train d’utiliser les stocks de fourrages prévus pour cet hiver et qui risquent de se retrouver en grande difficulté dans quelques mois, d’autant que la situation fourragère est tendue partout sur le territoire. Sans compter les pertes de production laitière due à la chaleur !

Nous faisons des demandes concrètes, légitimes et urgentes :

  • Des mesures économiques d’urgence : le déblocage immédiat d’une aide forfaitaire et à l’actif versée le plus rapidement possibles aux fermes ayant subi au moins 30 % de pertes de récolte ou de chiffre d’affaires ainsi qu’une aide à l’achat de fourrage pour les élevages les plus impactés. Nous demandons également une réactivité totale de l’État mais aussi du département de l’Ardèche et de la Région AURA afin qu’une aide directe de ces collectivités complètent les dispositifs et puissent aller directement dans les fermes qui en ont le plus besoin
  • Une prise en charge totale des cotisations MSA de l’année 2026 pour les fermes les plus en difficultés, notamment les fermes en productions végétales ayant subi les effets de la canicule , de la sécheresse et des épisodes de grêles
  • Un moratoire sur les contrôles de la PAC, et notamment les contrôles satellitaires en maraîchage et les contrôles « mise à disposition » en élevage dans une année où toutes les ressources, notamment pastorales, doivent être mises à disposition pour les troupeaux !
  • L’annulation de l’arrêté national augmentant l’indice des fermages de 3,43 % en cette année lors de laquelle les charges structurelles flambent déjà
  • Le report immédiat de la mise en place de la facturation électronique pour les paysannes et les paysans, nouvelle réglementation imposant des charges et du temps de travail supplémentaires

Nous revendiquons aussi des décisions à plus long terme

  • La réforme en urgence du système assurantiel privé en agriculture et son remplacement par la mise en place d’un fond professionnel mutualisé et solidaire, accessible à toutes les fermes. Les paysan-nes ne doivent pas être les seul-es à supporter les risques qui pèsent sur leur production : la grande distribution, la transformation et l’état doivent contribuer financièrement à un dispositif de mutualisation du risque de grande ampleur.
  • La mise en place d’un plan d’ampleur face au dérèglement climatique pour l’avenir de l’agriculture qui permette de produire une alimentation relocalisée, de qualité, accessible à tou-tes sur des fermes rémunératrices et résilientes qui préservent les ressources et font vivre nos territoires : partage et préservation de la ressource en eau, équipement des fermes, financement de groupes techniques permettant de faire évoluer ou de diversifier les systèmes de production, …

L’évolution proposé par ce gouvernement au travers de la loi d’urgence agricole est inacceptable. Elle ne répond pas du enjeux face auxquels nous sommes confrontés.

Aucun responsable politique ne peut plus nier les réalités mises en évidence par le dérèglement climatique, il y a urgence à prendre des décisions pour l’avenir afin d’accompagner l’indispensable bifurcation agroécologique !

La Confédération paysanne de l’Ardèche est mobilisée plus que jamais et nous sommes présents sans relâche aux côtés des paysannes et des paysans ardéchois afin qu’aucune ferme ne disparaisse.

Notre détermination demeure intacte et indéfectible afin qu’un avenir soit possible pour l’agriculture ardéchoise !

Le pastoralisme, un enjeu essentiel face aux incendies !

Crédit photo: Felipe Chirinos

Nous sommes confrontés encore une fois cet été à de nombreux incendies dont l’ampleur est historique. Plus de cent mille hectares sont partis en fumée dans la Drôme, l’Aude, la Seine-et-Marne, la Gironde ou le Var… et en Ardèche, même si nous avons été un peu moins touchés pour l’instant. Désormais, aucun massif n’est épargné, même dans le nord de la France.

Nous sommes forcés de constater les effets bien réels du dérèglement climatique qui amplifie les épisodes caniculaires : plus longs, plus chauds, plus précoces. Les incendies sont non seulement plus nombreux mais aussi plus importants car nos paysages et nos territoires ruraux ne cessent de se refermer et de s’embroussailler suite à la disparition d’un nombre croissant de paysans et surtout d’éleveurs ! Le feu trouve donc sans peine de plus en plus de combustible à « consumer » lorsqu’il a démarré !

En France, depuis 1945, tous les 7 ans, c’est l’équivalent de la superficie d’un département qui se boise. En Ardèche, nous sommes passé en 150 ans de 8 % à 55 % de couvert boisé qui remplace en grande partie des parcelles agricoles abandonnées, conséquence d’une déprise agricole généralisée et touchant notamment l’élevage pastoral Cette évolution, encouragée par les politiques publiques d’après-guerre, a permis de faire de la forêt une caisse d’épargne, aujourd’hui elle devient une bombe à retardement.

Les choix de plantations de monoculture de résineux (pins et douglas) et l’augmentation des zones de déprises agricoles non pâturées ne font qu’aggraver ce potentiel brasier. La question brûlante du moment n’est donc pas de savoir si des incendies vont se déclencher mais plutôt où, quand et comment !

La chute drastique du nombre de fermes n’est pas sans conséquence sur le milieu. Sous les arbres, c’est la végétation herbacée qui brûle et véhicule les flammes. La solution pour lutter contre les incendies ne peut donc se résumer à l’intervention des pompiers de plus en plus difficile dans nos milieux escarpés et au nombre de canadairs largement insuffisants.

Une solution simple est devant nous : nous avons besoin de troupeaux pastoraux plus nombreux qui parcourent nos espaces ruraux pour réduire la masse de combustible et maintenir les milieux ouverts ! Le pastoralisme est un véritable levier pour lutter contre les incendies, puisque les animaux valorisent la ressource en herbe, ligneux et broussailles localement, de manière extensive et en plein air.

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Aléas climatiques: La Confédération paysanne exige des mesures fortes et urgentes face à l’abandon des paysannes et des paysans ardéchois

L’agriculture ardéchoise est fortement touchée, comme partout en France, par des aléas climatiques qui impactent durement les productions, les paysan-nes et les animaux. Les conséquences du dérèglement climatique frappent de plein fouet les fermes et celles et ceux qui les font vivre. Elles ont des répercussions économiques, physiques et morales considérables.

La complexité à faire face à la sécheresse, aux canicules, aux épisodes de grêle, les difficultés à supporter les dégâts causés à nos cultures, à nos outils de production, ainsi que les impacts sur nos troupeaux, sont d’autant plus grandes qu’elles s’ajoutent à une situation économique déjà extrêmement tendue pour de nombreuses fermes et filières.

En Ardèche, en plus de la double situation de sécheresse et canicule persistante, de violents épisodes de grêle ont durement touché les productions végétales de différents territoires depuis le mois de mai.

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Loi d’urgence agricole : Victoire des lobbies au détriment de la santé, de l’environnement et du revenu des paysan∙nes

L’Assemblée nationale réunie le 20 juillet 2026 a finalement voté le projet de loi d’urgence avec 296 voix pour et 224 contre ainsi que le Sénat le lendemain.

En Ardèche, seul Hervé Saulignac s’est opposé à ce texte tandis que les 2 autres députés ardéchois de droite (Fabrice Brun) et d’extrême droite (Vincent Trébuchet) ainsi que les 2 Sénateurs LR Mathieu Darnaud et Anne Ventalon ont voté main dans la main POUR cette loi destructrice.

La Confédération paysanne condamne fermement l’inconséquence des député·es et leur méconnaissance des enjeux agricoles. Cette loi ne résoudra en rien les problèmes des agriculteur·ices, et pire, elle contribuera à aggraver des situations déjà extrêmes dans les fermes et pour l’ensemble des citoyen·nes.

Cette loi ne répond à aucun des défis majeurs auxquels est confrontée l’agriculture. Les véritables priorités sont pourtant criantes : garantir un revenu digne aux paysan·nes, assurer le renouvellement des générations et adapter notre agriculture au changement climatique.

Ce texte risque même d’accélérer la disparition des paysan·nes ardéchois en renforçant un modèle productiviste à bout de souffle, qui ne sert que les intérêts d’une minorité d’oligarques de l’agriculture. C’est pour cette oligarchie, représentée par la FNSEA, que ce projet de loi a été pensé et porté par le gouvernement.

Les parlementaires qui ont soutenu ce texte, en choisissant l’allégeance aux lobbies plutôt que l’intérêt général, seront comptables d’être à contre-courant de l’histoire, et des attentes sociétales. Ils seront également comptables d’organiser une guerre de l’eau et d’affaiblir une gestion démocratique de ce bien commun.

Nous dénonçons avec force cette imposture criminelle pour l’avenir de notre agriculture, de notre alimentation, de notre environnement et de nos territoires.

Il y a urgence, pour les paysan∙nes comme pour les citoyen·nes, de reprendre la main sur notre agriculture et notre souveraineté alimentaire.

Nous appelons donc à une convergence avec ceux et celles dont la santé est menacée, qui souffrent de précarité, d’insécurité alimentaire, qui subissent ou vont subir les conséquences du dérèglement climatique.

Nous appelons à une convergence avec ceux et celles qui ont conscience que nos destins sont liés par les enjeux alimentaires, économiques, sociaux et écologiques.

Face aux aléas climatiques : changeons de modèle !

Mercredi 15 juillet après une période de fortes chaleurs très éprouvante de nombreux orages de grêle avec des vents violents se sont abattus sur le sud de notre département. Les dégâts sont énormes sur les cultures mais aussi sur les bâtiments agricoles, les tunnels et les serres.
Pour une grande partie des fermes touchées, ce nouvel épisode va avoir des conséquences économiques sur l’année en cours et sur les années à venir.

Face à la répétition des événements climatiques que ce soit canicule, sécheresse ou orages de grêle beaucoup d’entre nous s’interrogent sur l’avenir de notre métier : comment transmettre et installer dans des conditions de travail qui deviennent intenables ? Et surtout comment allons nous pouvoir continuer à nourrir ?

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Canicule : l’urgence de changer de modèle !

Les différentes réunions avec le Ministère lors de ce mois de Juin 2026 pour évoquer les conséquences de la canicule ont surtout mis en lumière l’irresponsabilité face aux difficultés que rencontrent les paysan·nes confronté·es aux multiples impacts des vagues de chaleur, ainsi que face aux inquiétudes légitimes concernant les années à venir. Le gouvernement, comme les représentants de la FNSEA, de la Coordination rurale (CR) et de Chambres d’agriculture France, font preuve d’un décalage inquiétant avec la réalité. Aucun des acteurs réunis ne semble prendre la mesure de ce que signifie cet épisode caniculaire.

Cette canicule n’est ni un phénomène isolé ni un événement exceptionnel : elle constitue au contraire les prémices d’années qui seront encore plus chaudes. Il est grand temps de sortir de l’aveuglement volontaire et d’engager des politiques agricoles à la hauteur des enjeux climatiques et adaptées aux réalités de terrain. La loi d’urgence portée par le gouvernement, la FNSEA et la CR, qui a pour seule boussole la compétitivité, illustre l’obsolescence des réponses apportées aux paysan·nes.

Au regard des températures subies par les animaux, encourager la construction de bâtiments d’élevage XXL revient aussi à prendre le risque de surmortalité accrue. Pousser à l’accaparement de l’eau, accélérer la destruction des zones humides, des haies, des sols, c’est se priver de moyens essentiels pour renforcer la résilience de nos fermes et de nos filières.

Récolter à tout prix les céréales, aménager les horaires de travail des salarié·es agricoles ou encore adapter la réglementation du transport des animaux sont autant de mesures qui ne suffiront pas à anticiper les futures vagues de chaleur. L’épisode caniculaire en cours s’avère plus violent que celui, historique, d’août 2003. Les températures sont en passe de dépasser de 10 °C les moyennes hebdomadaires sur l’ensemble du territoire hexagonal. Les paysan·nes et les salarié·es agricoles doivent en outre travailler dans des conditions particulièrement pénibles et subissent une surcharge de travail importante pour tenter de faire face à l’urgence de la situation. 

Les mesures court-termistes proposées par le ministère de l’Agriculture ne sont pas seulement en deçà d’une réponse politique digne de ce nom ; elles témoignent de l’impuissance et de l’irresponsabilité de décideurs incapables d’engager les transformations nécessaires pour assurer l’avenir des paysan·nes.

Les conséquences ne sont pas encore pleinement mesurables pour l’activité agricole, mais les températures exceptionnellement élevées, accompagné·es d’une sécheresse de printemps dans certains territoires, provoquent des manques de fourrage, des prairies et des vignes brûlent, des cultures d’été sont compromises, même celles irriguées. La production laitière diminue drastiquement et dans certains bâtiments d’élevage, les températures peuvent devenir létales pour les animaux. Les risques d’incendies et de mégafeux, comme durant l’été 2025, sont également exacerbés

Encore une fois, bon nombre de paysan·nes qui subissent le changement climatique sont abandonné·es à leur situation, le système des calamités agricole a été abandonné au profit d’un système assurantiel privé qui couvre moins de 20 % des fermes. Face à cela, le gouvernement n’est pas seulement inactif : il ne cesse de jeter de l’huile sur le feu en accélérant toujours davantage vers un modèle agricole qui ne fait qu’aggraver la crise climatique.

Mobilisation du 16 mai 2026 à St Peray : Des semis pour défendre les terres agricoles de St Péray de la bétonisation routière !

Photo: Fabrice Demurger

Nous, Confédération paysanne de l’Ardèche et de la Drôme, participons à la grande manifestation ce samedi 16 Mai 2026 aux côtés d’autres organisations pour dénoncer une nouvelle fois le projet mortifère de déviation routiere prévoyant de bétonner les terres agricoles de la plaine de St Péray.

En Ardèche, les terres agricoles sont de plus en plus menacées. Les chiffres sont alarmants : le département a perdu 12% de sa superficie agricole en 10 ans alors que la Surface Agricole Utile (SAU) ne couvre que 23 % du territoire dont seulement 4 % de terres arables.

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Le Sénateur Duplomb tient un discours anti-science en Ardèche extrêmement inquiétant face auquel la Confédération paysanne propose une agriculture d’avenir !

Le Sénateur Laurent Duplomb est venu une nouvelle fois en Ardèche le 7 Mai à l’appel des syndicats agricoles Fdsea-Ja et en présence du président du département, porter un discours passéiste, conservateur et surtout très dangereux pour les agriculteurs.

Cette fois, une nouvelle étape est franchie dans son discours puisqu’il remet clairement en cause le travail scientifique qui fait pourtant consensus contre la réintroduction de pesticides (acétamipride et flupyradifurone) pourtant déjà interdits en France pour des raisons de santé publique1.

Nous rappelons à M. Duplomb et ses affidés que LA SCIENCE N’EST PAS UNE OPINION !

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Contrôles PAC 2026 sur la mise à disposition des terres : La défense des agricultrices et des agriculteurs ardéchois ne doit pas être qu’un slogan, nous attendons des actes urgents !

En pleine déclaration PAC, les paysan·nes reçoivent actuellement des messages de leur DDT les informant qu’ils et elles pourront faire l’objet d’un contrôle sur la mise à disposition des terres.

Derrière ce message en apparence technique, c’est une réalité brutale qui se confirme : désormais, n’importe quelle ferme devra, dans des délais très courts, fournir des justificatifs des propriétaires des terres qu’elle déclare, sous peine de retards de paiement et pénalités.

Nous rappelons que la majorité des terres agricoles en Ardèche sont utilisées par les paysan.nes sans titre de propriété mais via un bail rural (écrit ou verbal) ou une mise à disposition gratuite. Au-delà de son caractère injuste, cette nouvelle règle est donc une catastrophe pour l’agriculture ardéchoise et plus particulièrement pour tout le secteur de l’élevage… le pastoralisme étant gravement menacé !

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AG 2026: Syndicat majoritaire depuis 1 an, La Confédération paysanne renforce sa mobilisation pour l’agriculture ardéchoise

Lors de notre Assemblée Générale ce lundi 16 Mars à St Julien en St Alban, la Confédération Paysanne a pu mesurer le chemin parcouru après la victoire historique aux élections de la Chambre d’Agriculture de l’Ardèche il y a un an : nous avons pu faire un premier bilan et exprimer notre fierté vis à vis du travail énorme effectué par nos élu-es malgré les difficultés liées à un environnement politique ayant du mal à accepter ce changement pourtant démocratique.

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