L’agriculture ardéchoise est fortement touchée, comme partout en France, par des aléas climatiques qui impactent durement les productions, les paysan-nes et les animaux. Les conséquences du dérèglement climatique frappent de plein fouet les fermes et celles et ceux qui les font vivre. Elles ont des répercussions économiques, physiques et morales considérables.
La complexité à faire face à la sécheresse, aux canicules, aux épisodes de grêle, les difficultés à supporter les dégâts causés à nos cultures, à nos outils de production, ainsi que les impacts sur nos troupeaux, sont d’autant plus grandes qu’elles s’ajoutent à une situation économique déjà extrêmement tendue pour de nombreuses fermes et filières.
En Ardèche, en plus de la double situation de sécheresse et canicule persistante, de violents épisodes de grêle ont durement touché les productions végétales de différents territoires depuis le mois de mai.
Pertes de récoltes, dégâts sur le matériel végétal avec des conséquences sur plusieurs années, accès à l’eau de plus en plus tendu, système assurantiel privé inexistant ou inaccessible… les productions végétales (arboriculture, maraîchage, viticulture, PPAM, horticulture, pépinière… auxquelles nous pouvons rajouter l’apiculture et autres filières délaissées) sont en première ligne directe de ces épisodes. Bien qu’elles soient les bases de la souveraineté alimentaire des territoires, elles sont déjà victimes de l’injustice d’être quasiment totalement écartées des aides de la PAC ! Aides qui permettraient pourtant d’assurer en partie leur maintien dans le tissu agricole plutôt que de précipiter leur disparition en leur absence.
Nous alertons également sur la situation des élevages qui sont déjà en train d’utiliser les stocks de fourrages prévus pour cet hiver et qui risquent de se retrouver en grande difficulté dans quelques mois, d’autant que la situation fourragère est tendue partout sur le territoire.
Malgré de nombreuses visites de terrain ou réunions et les différentes promesses que personne ne sera abandonné, nous dénonçons le manque total de réponses pour les paysannes et les paysans touchés malgré le temps passé à remplir des dossiers sur les plateformes de la MSA et de la DDT depuis le mois de mai !
Concernant les aides de l’État, nous dénonçons toujours l’injustice de la situation assurantielle ET les délais des procédures d’aide à la trésorerie.
Face à cet immobilisme, la Confédération paysanne revendique :
- le déblocage immédiat d’une aide forfaitaire et à l’actif, d’un montant de 5000€, versée rapidement aux fermes ayant subi au moins 30 % de pertes de récolte ou de chiffre d’affaires, avec priorité aux fermes non assurées multirisques climatiques (plus de 80% des fermes françaises). La Confédération paysanne demande à ce titre de réorienter les aides de crise aujourd’hui consacrées aux engrais azotés vers les fermes réellement touchées par les aléas climatiques.
- La Réforme en urgence du système de prise en charge des pertes causées par les aléas climatiques en agriculture et son remplacement par la mise en place d’un fonds professionnel mutualisé et solidaire, accessible à toutes les fermes et impliquant tous les maillons de la chaîne agro-alimentaire. Les paysan.nes ne doivent pas être les seul.es à supporter les risques qui pèsent sur leur production, la grande distribution et la transformation doivent contribuer financièrement à un dispositif de mutualisation du risque de grande ampleur.
Pour être complet, nous remercions la DDT 07 pour avoir rapidement pris en compte notre demande d’arrêté d’achat de vendanges pour les vigneron-nes récoltant-es impacté-es par les épisodes de grêle 2026 (Arrêté signé par M.le Préfet le 31/07/2026)
Nous demandons une plus grande réactivité de traitement des demandes de prise en charge de cotisations sociales par la MSA et un réassort conséquent de l’enveloppe départementale ardéchoise.
- Nous n’accepterons pas que les aides soient réservées aux seuls paysan-nes à jour de cotisation puisque justement, les aléas climatiques et les situations sont souvent à l’origine de retards ! TOUT PAYSAN-NE impacté doit pouvoir émarger à ce dispositif !
- Nous demandons par ailleurs la prise en charge par l’État des cotisations MSA 2026 pour les fermes les plus durement impactées y compris et en premier lieu les plus petites d’entre-elles, qui constituent la base même de notre souveraineté alimentaire locale.
Nous attendons un soutien rapide du Département de l’Ardèche et de la Région AURA
Ces collectivités n’ont annoncé AUCUNE enveloppe ni dispositif d’urgence alors que des fermes ardéchoises sont en état de survie. Où sont les aides d’urgence directes pour les paysannes et les paysans ? Les collectivités abandonnent-elles l’agriculture ardéchoise ?
Nous demandons qu’une aide directe du département et de la région complètent le dispositif et puissent aller directement dans les fermes qui en ont le plus besoin (comme cela avait été fait lors des épisodes de grêle en 2019)
Colère agricole et urgence agro-écologique
Au delà des mesures d’urgence que nous revendiquons, cette crise intervient également dans un contexte où l’inquiétude quant à l’avenir de nos fermes est profonde. Les braises de la colère agricole qui se sont exprimées ces derniers mois ne sont pas éteintes, et il serait plus que légitime qu’elles se ravivent à la rentrée, car aucune réponse politique structurelle n’a été apportée pour construire un avenir positif pour les paysan·nes.
Les paysan·nes savent que chaque crise — sanitaire, économique ou climatique — fait disparaître les plus fragiles d’entre nous. L’histoire est têtue et se répète : à chaque crise, la concentration des fermes s’accélère, leur agrandissement se poursuit et le nombre de paysan·nes diminue. Aucun responsable politique ne peut plus nier les réalités mises en évidence par le dérèglement climatique.
