Procès de Montbéliard : Le tribunal méprise le combat paysan

Pour Dominique Henry, l’une des neuf prévenus des 1000 vaches, l’acharnement s’ajoute à l’acharnement. Le tribunal de Montbéliard l’avait convoquée à 14h pour recevoir le délibéré de son procès pour refus de prélèvement ADN, mais il n’a pas jugé bon de l’attendre. C’est donc en son absence, ce matin, qu’il l’a condamnée à 750 euros d’amende ! Le mépris ne fait donc aucun doute pour ce combat contre l’industrialisation de l’agriculture et la criminalisation des militants !

Cette condamnation, et le mépris qui l’accompagne, ne fait que renforcer notre détermination à lutter contre ce système destructeur. C’est pourquoi Dominique Henry, soutenue par la Confédération paysanne, a pris la décision de faire appel. Nous n’accepterons jamais d’être traités comme des criminels en agissant pour le bien commun.

Dominique Henry : Son combat contre l’agro-industrie criminalisé

Jeudi 12 Janvier, Dominique Henry, paysanne retraitée dans le Haut-Doubs et militante de la Confédération Paysanne, était convoquée au tribunal de Montbéliard (25). Elle est poursuivie pour avoir refusé un prélèvement ADN lors de sa garde-à-vue, à la suite de l’action syndicale mené par la Confédération Paysanne dans la ferme des 1000 vaches. Une délégation de la Confédération Paysanne Auvergne-Rhône-Alpes a fait le déplacement afin de soutenir cette syndicaliste lors de son procès.

Pendant cette journée, un rassemblement de 500 personnes a manifesté avec elle, jusqu’à l’ouverture du procès, dont le jugement sera rendu le 19 janvier prochain. Ce fût également l’occasion pour les militants de se retrouver, pour échanger sur les dérives judiciaires et la criminalisations à l’encontre des militants syndicalistes. Des représentants des milieux ouvriers (dont la CGT) ont répondu à l’invitation de la Confédération Paysanne Franche-Comté, pour discuter de la convergences des luttes : la criminalisation de l’action syndicale par les autorités, la nécessité de l’action collective face à une industrialisation toujours plus présente. L’intervention de Charles Piaget, une des figures de la lutte des horlogeries LIP dans les années 70 à Besançon, fût très appréciée.

L’après-midi une conférence, avec l’intervention de André Pflimlin (ancien ingénieur de l’institut de l’élevage bovin), a permis de dénoncer les risques que fait porter l’industrialisation sur l’agriculture française. La Conf’ AURA rappelle qu’elle se bat pour une agriculture soucieuse du revenu des paysans, autonome de l’agro-industrie, ouverte aux pratiques alternatives, répondant aux attentes de la société, innovante et attentive à la vie rurale. Elle défend l’installation, l’agriculture paysanne et ses travailleurs, contre les dérives productivistes, contre des politiques agricoles dictées par l’industrie et le profit. Elle refuse la disparition programmée des paysans.

C’est pour cela que nous demandons l’arrêt systématique des poursuites judiciaires sur des syndicalistes et militants qui se battent pour l’intérêt général, et nous demandons la relaxe pour Dominique Henry