Fruits et légumes : Qui s’inquiète du revenu des paysan-ne-s ?

photo Fruits et légumes

Aujourd’hui se termine le MEDFEL, sobrement nommé le « Salon International d’Affaires de la filière Fruit et légumes de l’EuroMéditerranée », qui a rassemblé plusieurs centaines de logisticiens et de courtiers du pourtour méditerranéen « sous le haut patronage du ministère de l’agriculture ». Un des objectifs du MEDFEL est, à partir des prévisions de récolte chez les principaux pays producteurs, de permettre aux opérateurs de planifier la commercialisation sur le marché français de fruits et légumes d’été, dont une grande partie, qui ne cesse de croître dans le cadre du libre-échange en Europe, est importée.
Au moment-même où des épisodes de gel détruisent une grande partie des récoltes françaises, les opérateurs du commerce planifient donc en toute sérénité leurs importations de fruits, de légumes et de vins originaires de pays qui n’ont pas connu ce désastre et qui feront pression sur les prix en France. Alors que les paysans, en mal de volumes et en l’absence de véritable plan de soutien de l’Etat, auront plus que jamais besoin de prix élevés pour compenser une partie de leurs pertes.
La Confédération paysanne dénonce la logique du tout-business qu’incarne le MEDFEL et qui, placée au-dessus de toute autre considération, est responsable de l’érosion continue de la production de fruits et légumes en France depuis 30 ans. La place du ministère de l’Agriculture est aux côté des paysans qui se battent au quotidien pour continuer à nourrir leurs concitoyens, malgré des conditions économiques intenables : le contexte est celui de distorsions de concurrence iniques sur le terrain des pratiques sociales et phytosanitaires, avec l’Espagne ou le Maroc par exemple. Ce contexte enferme les paysans dans une logique de survie qui ne laisse aucune place à l’adaptation au dérèglement climatique, à l’enjeu de l’emploi, ou à celui de la sortie des pesticides.

La Confédération Paysanne salue le renouvellement de l’interdiction de l’importation sur le territoire français de cerises traitées au diméthoate pour 2017. Nous exhortons le ministère, bien inspiré sur ce dossier, à persévérer dans cette orientation, celle de la protection des arboriculteurs et maraichers français et de leur mission d’intérêt général : produire en quantité et en qualité une alimentation saine au plus près de leurs concitoyens. De tous autres intérêts, en l’occurrence, que ceux défendus ces jours-ci au MEDFEL…